Limité à 2 bouteilles par personne et par commande
Avec un nom pareil, vous ne devinerez jamais d'où vient Osamu Uchida ? Du Japon ! 🌸
Or, ces dernières années, il y a eu une véritable hype autour des vins produits par des vignerons nippons installés en France : Rie et Hirofumi Shoji au Domaine Pedres Blanques, Jintaro Yura en Alsace ou encore l'emblématique Kenjiro Kagami au domaine des Miroirs sont autant de producteurs qui ont réussi à percer en quelques années auprès des amateurs.
La raison ? Eh bien, je dirais que nous avons cette vision très stéréotypée d'un peuple jusqu'au-boutiste et minutieux, qui donnerait tout pour son art, avec cette volonté de rejeter tout modernisme lorsqu'il s'agit de productions artisanales. Une sorte de quête perpétuelle de la perfection, une recherche du « beau », qui colle finalement assez bien à l'esprit historique français. Et d'où, à mon humble avis, toutes ces passerelles entre les artisanats français et japonais.
Curieux de tout cela, j'ai profité de mon dernier passage à Bordeaux pour contacter Osamu Uchida. J'ai donc écrit un petit e-mail avec mon piètre japonais niveau JLPT 4 (すみません、僕の日本語はまだ下手で悪いです。).
Et je ne sais pas si c'est cela qui a joué en ma faveur, mais j'ai eu le plaisir d'être accueilli à la propriété par Osamu et son épouse Rie. À la base, Osamu est originaire d'Hiroshima. Débarqué en France en 1999, il passera un bac viti-œno avant d'enchaîner les visites de plus de 300 domaines dans tout l'Hexagone et de continuer à se former.
En 2015, il réalise son rêve en s'installant dans le Médoc, où il acquiert 60 ares, soit 0,6 hectare ! Dix ans plus tard, lui et son épouse vinifient un peu moins de 3 hectares éclatés en de multiples petits îlots de vignes.
Ici, on est dans la définition même du vin de garage. Pour vous donner une idée, lorsque je suis rentré dans son « chai », j'ai vu un pressoir manuel qui devait à peu près faire ma taille et contenir quelque chose comme 300 kilos de raisins. Je lui demande naïvement si c'est pour presser les échantillons destinés à son laboratoire d'œnologie. Eh bien, pas du tout. C'est le pressoir avec lequel il vinifie toute sa vendange. Un fou furieux ! 😀
Le résultat ? Une microproduction assez hors norme par rapport aux canons de la région. Et vous savez quoi ? Osamu a réussi la prouesse de me faire aimer un 100 % Cabernet Sauvignon jeune. Et croyez-moi, ce n'est pas un mince exploit.
En effet, j'apprécie les vieux Bordeaux à 90 % Cabernet Sauvignon et 10 % Merlot quand ils ont au moins 10 ans d'âge. Mais avant... 😵
Sauf qu'ici, comme je le disais quelques lignes plus haut, on n'est pas dans le style classique des vins de la région. Oubliez les Cabernet Sauvignon tout en densité et en puissance qui vous en mettent plein la gueule. On est sur de l'infusion.
Je n'ai pu avoir que 18 bouteilles de cette cuvée produite en très petite quantité. Donc autant vous dire que je n'ai pas eu le luxe d'en éclater une pour vous faire la fiche descriptive.
Mais d'après les notes que j'avais prises en juillet dernier, on était sur un vin éclatant de fruit, avec des tanins souples et aériens qui mettaient en valeur une matière pulpeuse et cristalline.
Les tarifs sont salés, on ne va pas se mentir. Mais je pardonne beaucoup plus facilement à un mec qui a traversé la planète entière, appris notre langue, s'est formé à la dure, puis a fait le pari fou d'acquérir 0,6 hectare pour s'installer et vinifier avec les moyens du bord, de pratiquer ces prix.
Qu'au Grand Cru ronflant voisin qui bosse en agriculture conventionnelle et pratique les mêmes tarifs parce qu'un classement poussiéreux vieux de 170 ans a dit que c'était bon à l'époque.
Assemblage : 100% Cabernet Sauvignon.
Degré d'alcool : 11,5% .
Garde : 5 à 10 ans (2029 à 2034).
Bouteille retouchée par IA. 📷